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samedi 14 mars 2009

Implication des citoyens

Financement des projets

J'ai déjà parlé du problème de manque d'implication des citoyens dans la communauté Granbyenne. J'avais suggéré une méthode de financement où la population était invitée à faire un prêt sans intérêt pour financer les différents projets de la Ville.

Pour vous aider à visualiser la chose, et l'importance d'un tel geste, je vous invite à écouter une entrevue faite avec Michel Morin, maire de Rivière-du-Loup, où il explique comment ils ont financé leur aréna. La première chose qu'ils ont fait c'est d'aller chercher 1,5 millions$ en dons provenant de la population. C'est similaire à ce que je propose, à la différence que je suggère des prêts sans intérêt plutôt que des dons. À mon avis, puisque qu'un prêt est un investissement, cela incite les gens à s'informer davantage, à comparer avec d'autres projets dans lesquels ils pourraient investir, et ainsi mettre l'argent là où il le faut, selon leurs valeurs. Cette plus grande implication fera en sorte que les projets seront nécessairement mieux adaptés aux besoins et aspirations des citoyens.

PGMR de la MRC Haute-Yamaska

Je profite du fait que vous avez écouté l'entrevue de Michel Morin pour aborder un autre sujet qui est d'actualité: le PGMR de la MRC Haute-Yamaska. Dans cette entrevue, le maire de Rivière-du-Loup nous parle de la valorisation des déchets en les transformant en énergie. La citation qui m'a interpellée est la suivante: "Du compost, il y en a déjà trop. Donc, il n'y a pas de possibilités de revenus avec ça."

Les 16, 17 et 18 mars prochains se tiendra une consultation publique concernant la modification du PGMR de la MRC Haute-Yamaska, projet dans lequel la population semble, malheureusement, peu impliquée.

Pourtant ce projet devrait soulever plein de questions à quiconque s'y intéresse un tant soit peu. La difficulté principale de choisir une méthode de valorisation des déchets réside dans le fait que c'est tout nouveau au Québec et que les méthodes les mieux adaptées, les plus rentables et les plus efficaces ne sont pas encore clairement établies. Celle prisée par notre MRC est le tri-compostage pour produire du compost, une méthode présentée sous forme expérimentale qui promet des rendements de près de 100% de valorisation.

Cette méthode est controversée, et il semble que seuls les dirigeants de notre MRC et les promoteurs qui veulent nous vendre le projet soient convaincus du bien-fondé de cette méthode. Ceci n'est pas un problème en soit, parce que peu importe le choix retenu, il y aura toujours un risque de se tromper, puisqu'on nage dans l'inconnu comme on l'a mentionné plutôt. Mais ce projet est un des rares qui va coûter deux fois plus cher que la majorité des autres projets; on parle de 35-40 millions$ versus 15-20 millions$ pour d'autres types de projets. Encore une fois, ceci n'est pas un problème, si les promesses de rendement sont au rendez-vous.

Là où le bât blesse, c'est l'engagement de 25 ans dans lequel on doit s'embarquer. En effet, si dans 5, 10 ou 15 ans on s'aperçoit qu'on a fait une erreur dans notre choix technologique, nos vidanges coûteront plus chers qu'ailleurs pour une période de 25 ans. Pire encore, si les rendements ne sont pas au rendez-vous, nous devrons débourser de l'argent supplémentaire pour s'adapter à la technologie qui aura pris sa place au Québec. N'oubliez pas que pour que le projet fonctionne, on doit importer, de l'extérieur de la région, deux fois plus de déchets que nous en produisons, sinon on paie la différence de nos poches. Le fait que Bromont ne fait plus partie de la MRC complique encore plus la situation.  Si notre technologie ne fonctionne pas, personne ne fera affaire avec nous.

Le but de ce blog est d'inviter les gens au débat afin d'imaginer ce à quoi Granby pourrait ressembler. Je n'ai pas la solution magique pour la gestion des déchets, mais je ne crois pas que la réflexion actuelle est complète. En ce moment, plusieurs joueurs semblent se tourner vers la production d'énergie à partir des déchets plutôt que la production de compost. C'est la technique qui semble la plus prometteuse actuellement, une méthode qui ne fait pas partie de l'analyse du PGMR de la MRC Haute-Yamaska. En fait, la seule étude scientifique québécoise indépendante sur le sujet, faite par SNC-Lavalin, ne valorise pas l'option du tri-compostage. Estrie-Enviropôle, une compagnie de Lucien Rémillard qui tente de créer un méga-site de valorisation des déchets à Asbestos, construira cette année une usine de méthanisation (production d'énergie, de compost et de fertilisant) d'une capacité similaire à celle de notre usine de tri-compostage pour seulement 15 millions$. Non seulement, cette compagnie représente un compétiteur de taille pour notre projet qui doit aller chercher des clients extérieurs, mais elle pourrait même devenir une solution envisageable pour la gestion de nos déchets.

Pour moi, le plus grand défi à Granby est de réussir à impliquer les citoyens dans les projets qui s'y développent. Il n'est absolument pas normal que des projets d'une telle importance, non seulement d'un point de vue financier mais aussi social, ne soulèvent pas l'opinion publique, que ce soit pour les acclamer, les critiquer ou tout simplement chercher à s'informer.

dimanche 1 février 2009

Centre communautaire

Le financement des organismes communautaires a toujours été un sujet délicat. Mais je vais quand même me permettre de défier les attitudes souvent un peu trop vertueuses et naïves. Il est évident que ces organismes rendent des services inestimables à la communauté granbyenne. Mais d’un côté, une ville se doit de rendre des comptes sur ce qu’elle fait avec l’argent des contribuables, surtout qu’ils n’ont pas le choix de payer.


Le problème


Voici pourquoi je n’aime pas beaucoup le type de financement actuel. Premièrement, on évalue quelle sera la part du montant global que recevra chaque organisme reconnu. Non seulement ceci demande un temps fou en analyse de dossiers de la part du conseil de la Ville, mais en plus les différents organismes doivent aussi prendre le temps de monter ces dossiers.


Comment fait-on pour garder une certaine équité entre les organismes, puisque les montants donnés sont souvent très différents d’un organisme à l’autre et d’une année à l’autre? Cette voie ouvre la porte au réseau de petits amis.


Comment fait-on pour savoir si l’argent est bien dépensé? Non seulement avec les objectifs des projets, mais aussi par le choix et l’efficacité des moyens utilisés. Et il faut être naïf pour nier la possibilité d’abus ou d’incompétence dans la gestion d’organismes quel qu’ils soient. Comme ces organismes sont sans but lucratif, les méthodes comptables usuelles, qui ne tiennent compte que de l’argent, rendent ardu, voire impossible, l’évaluation des résultats. Ceci va à l’encontre du principe que le conseil de la Ville doit rendre des comptes sur tout l’argent dépensé. La confiance me semble une attitude plutôt naïve et irresponsable en cette matière.


La solution


La solution à ce problème me semble simple, cessons de donner de l’argent. En fait, que la Ville donne généreusement de l’argent à qui que se soit, me semble ridicule. Tout le monde peut donner de l’argent à autrui, nous n’avons pas besoin du conseil de la Ville comme intermédiaire. En matière de charité, la Ville de Granby ne devrait que prêter des biens ou donner des services. Et le bien le plus important qu’on puisse prêter aux organismes communautaires est un local.


Il a déjà été question dans le passé de faire un centre communautaire au centre-ville de Granby, endroit où serait logé tous les organismes de la Ville. Imaginez que cet immeuble soit à la charge de la Ville. Ceci signifie pour les différents organismes plus de loyer, de comptes d’électricité ou de téléphone à se soucier, plus d’entretien à faire. Ceci se traduit donc en une plus grande quantité de temps consacrée pour les différentes missions des organismes. Surtout qu’il est plus difficile de trouver des bénévoles pour payer des comptes et faire des travaux d’entretien que pour aider son prochain. Mais encore, les différents organismes n’ont plus à perdre leur temps à monter des dossiers année après année afin de quémander leur part du gâteau. N’ayant plus besoin de se justifier devant le conseil de la Ville, cela leur donne une plus grande liberté. La mise en commun de certains services, comme le secrétariat ou la réception, est un autre avantage non-négligeable.


Du côté de la Ville, plus besoin de perdre son temps à évaluer des dossiers à chaque année non plus. Surtout que la capacité des conseillers pour les évaluer n’est pas nécessairement au rendez-vous. Le fait que l’immeuble appartienne à la Ville fait qu’elle conserve, année après année, un actif. On peut facilement rendre compte à la population de la valeur de l’entretien de cet immeuble et on peut aussi aller en soumission pour les différents travaux, ce qui est beaucoup plus transparent comme processus.


L’église Notre-Dame


L’idée de construire un immeuble neuf est beaucoup trop dispendieuse et peu rentable. Mais, en ce moment, une occasion unique se présente aux Granbyens : l’église Notre-Dame. Non seulement cet immeuble est au centre-ville, mais il peut être acquis pour une chanson. De toute façon, il ne fait aucun doute dans mon esprit que cet immeuble ne peut que devenir la propriété de la Ville. À mon avis on peut obtenir et transformer cet immeuble pour les besoins d’un centre communautaire pour en deçà de 2 millions$. Et encore, certains travaux peuvent être échelonnés dans le temps. Considérant que l’on consacre environ 375 000$ par année aux différents organismes communautaires, cela semble plus que raisonnable. En prime, on protège le patrimoine granbyen. Mais, il y a encore plus : puisque l’église Notre-Dame est exemptée de taxes comme tous les organismes sans but lucratif, le fait de déménager tous les organismes dans cet immeuble augmentera les revenus de taxes de la Ville, car les locaux ainsi libérés seront désormais taxables. Sachant qu’on parle de quelques dizaines d’organismes, ça fait une différence notable.


Je suis certain qu’avec un tel système on peut non seulement permettre d’offrir de meilleurs services à la population, mais il fort probable qu’ils seront aussi moins coûteux. J’en profite pour vous inviter à consulter le site de la CDC pour en connaître plus sur les différents organismes communautaires de la ville de Granby.

vendredi 16 janvier 2009

Politique de financement

La chose prioritaire à faire pour un conseil de ville qui veut faire des projets à court, moyen et long terme, c'est d'établir un système de financement à long terme, juste et équitable. De plus, lorsque ce conseil possède le pouvoir extraordinaire de forcer les citoyens à payer pour ses projets, il ne doit pas abuser de ce pouvoir et s'assurer que la grande majorité des citoyens participent, de préférence, de façon volontaire avec fierté et enthousiasme. Un conseil transparent verra aussi à présenter le coût réel de ses projets afin de s'assurer que la population soit bien informé.

Pour résoudre ce problème, une politique du financement s'impose. Si on pourrait en faire un règlement, je crois que cela serait une meilleure solution.

Une politique de financement devrait déterminer les trois seules sources de financement disponibles aux élus:

  1. Payer comptant
  2. Emprunter sur un terme maximal de quatre ans
  3. Emprunter sans intérêt

Il va de soi que ceci ne concerne pas les emprunts que la Ville est contrainte de faire par une loi provincial ou fédéral ou les emprunts contractés au nom d'un tiers qui fait les paiements, comme par exemple le gouvernement du Québec ou les riverains d'une rue nouvellement asphalté.

Payer comptant

Payer comptant est la méthode qui donne le plus de liberté aux élus, puisqu'ils n'ont pas à se justifier devant la population, du moins pas avant les prochaines élections. Le contrepoids de cette liberté c'est qu'ils doivent émettre un compte de taxes en proportion avec leurs aspirations. Mais cela est bien, puisque le citoyen sait de façon claire et immédiate le coût des projets. S'il n'y a aucune protestation, c'est la méthode la plus simple et la moins coûteuse de financer un projet. Si un conseil décide d'aller à l'encontre de la volonté populaire en espérant que les citoyens verront les bénéfices du projet avant les prochaines élections, ce choix lui permettra de jouir de sa souveraineté.

Emprunter sur un terme maximal de quatre ans

Ceci est la méthode que j'estime comme étant de dernier recours, mais des cas extraordinaires peuvent la justifier. Premièrement, emprunter c'est coûteux. Ensuite, le citoyen est mal informé puisqu'il reçoit un service ou un bien sans la facture. Ceci donne l'impression que le conseil en fait beaucoup avec peu, ce qui est faux. Finalement, les emprunts à long terme contraint les gouvernements futurs à payer les projets passés (peut-être même des mauvaises décisions qui ne sont plus, ou n'ont jamais été, supportées par la population) et les limitent dans leur développement et projets particuliers. Malheureusement, la solution à ce problème s'avèrent trop souvent à emprunter encore plus, ce qui crée un effet boule de neige pour les gouvernements qui suivent, et cela devient vite invivable et ingérable.

Voilà pourquoi je suggère de limiter à quatre ans le terme maximal pour emprunter. Premièrement, ceci limite de beaucoup le coût des intérêts. Deuxièmement, la facture se rend rapidement dans la poche des citoyen. Et finalement, le plus important, en imposant une limite de quatre ans, le gouvernement suivant (si la population le change aux élections) est assuré de voir les emprunts être payés avant la fin de son terme, lui redonnant ainsi une liberté d'action.

Emprunter sans intérêt

Emprunter sans intérêt est la méthode qui devrait être utilisée dans tout les projets d'envergure, au moins pour en financer une partie. Le but consiste à inviter les citoyens à investir, de façon volontaire, dans leur communauté en prêtant leur argent sans intérêt pour accomplir un projet particulier. Pour ce faire le conseil devra informer la population et vendre la validité de son projet qui devra favoriser et soutenir le développement de la Ville. Si le conseil réussi à convaincre suffisamment de monde pour prêter l'argent, je ne peux m'imaginer qu'une majorité de la population sera contre le projet. De plus, n'ayant aucun intérêt à payer, cela revient à dire que le projet est payé comptant.

Ceci contribue à développer la fierté, l'enthousiasme et l'implication des citoyens dans leur communauté; quelque chose qui, malheureusement, manque grandement dans notre milieu. Si on ne peut convaincre les gens d'investir dans leur ville, de sérieuses questions devraient être posées sur la validité du projet.

Cette méthode valorise toutes les attributs recherchés pour un financement de qualité: Un coût minimal, une population bien informé, autant au niveau des desseins du projets que de ses coûts et, surtout, un implication active, fière et enthousiaste de la part des citoyens dans leur communauté. Dans le cas où le financement ne serait pas complet, la balance pourrait être financée par le paiement comptant et/ou un emprunt d'un terme d'au plus quatre ans.